Évoquer le Championnat canadien auprès de Nick Razzaghi, c’est se replonger dans le livre des souvenirs, mais aussi plonger jusqu’aux racines du FC Supra. Car, c’est bien l’épopée du CS Saint-Laurent en 2024, quand le club semi-pro a éliminé les Wanderers de Halifax avant de tomber face au Toronto FC de Federico Bernardeschi et Lorenzo Insigne, qui a posé les bases du FC Supra.
À l’époque, celui qui est aujourd’hui sur le banc du Supra était sur celui du CS Saint-Laurent et il sait à quel point cette édition 2024 a été un tournant.
“Ce qu’il reste de ce parcours? Il reste le FC Supra! C’est le Championnat canadien qui a mené à là où nous sommes aujourd’hui. Ce sera toujours vrai et c’est pourquoi ce tournoi est toujours spécial”, explique Nick Razzaghi.
Plusieurs membres du Supra ont fait partie de l’aventure du CS Saint-Laurent, comme Nick et son adjoint Ramtin Maherpour, mais aussi Wesley Wandje, Oussama Boughanmi, Loïc Kwemi ou Safwane Mlah. Il faut aussi souligner le Président Rocco Placentino et celui qui a été jusqu’à tout dernièrement le directeur sportif du Supra, Mateo Cabanettes.
Nick Razzaghi estime que la victoire contre Halifax en 2024 a permis “de franchir une barrière”, mais c’est bien le match au Centre Claude-Robillard face au Toronto FC qui a permis de comprendre “qu’une équipe [en PLC] pourrait exister un jour” au Québec.
“Battre Halifax, avec la manière dont on l’a fait, c’était incroyable, mais le match contre Toronto, avoir le support de toute la ville, de toute la province, la manière dont on a joué, voilà ce qui a attiré l’oeil de l’extérieur. C’est de là que le Supra existe. On a pu voir le potentiel du marché québécois pour cette équipe”, explique Nick Razzaghi.
“J’ai ces matchs dans mon coeur, footballistiquement bien sûr, mais aussi pour l’impact qu’ils ont eu sur la province”, poursuit-il
La fondation de la mentalité du Supra
Face au Toronto FC, le CS Saint-Laurent n’a pas fait le poids. Défait 0-3 à l’aller, malgré un bon match, le club semi-pro a pris l’eau au retour (8-1), mais les souvenirs restent intacts.
La présence de Lorenzo Insigne dans le XI de départ a été une belle surprise pour la troupe de Nick Razzaghi, qui n’était cependant pas venue en spectatrice.
“On était surpris de voir Insigne débuter le match, on a pris 22 tirs au but, on a joué à 10 pendant 45 minutes, mais tout cela allait au-delà du foot. On voulait montrer à tout le monde notre courage, montrer qu’on allait tout donner, qu’on ne changerait pas qui on est. On s’était dit ça au début du Championnat canadien et on est resté fidèle à ça jusqu’au bout”, soutient-il.
Le but de Rickson Aristilde à la 89e minute a permis de concrétiser cette volonté, dont s’inspire aujourd’hui le FC Supra.
“À la mi-temps du 3e match, on s’est dit qu’aucune équipe semi-pro n’avait marqué contre une équipe MLS. On voulait donc le faire, quel que soit le sacrifice, se remémore Nick Razzaghi. On aurait pu défendre, essayer de garder ça à 4 ou 5-0, mais l’idée de marquer ce but, c’était non négociable. On a tapé la barre transversale, leur gardien a fait 13 arrêts et finalement, on marque un “but champagne” à la fin du match. Toronto était 4e de sa conférence en MLS à ce moment-là. On voulait envoyer le message à la province que tout est possible, qu’il faut avoir du courage. On a rien lâché et c’est aujourd’hui gravé dans la mémoire de tout le monde.”
Soucieux de “se rappeler d’où on vient”, le staff du Supra cherche aujourd'hui à “garder les mêmes fondations et principes”.
“Le Supra a été bâti sur le courage, les rêves et les ambitions. Il faut toujours garder ça en tête. C'est le message qu'on veut passer à tous ceux qui entrent dans le projet”, insiste Nick Razzaghi.
Le but, aujourd'hui, est d’écrire avec le Supra les prochains chapitres d’une histoire en Championnat canadien qui a débuté à Saint-Laurent.
Un défi contre Forge
La partie ne sera pas simple contre le Forge FC. Le club basé à Hamilton a fait du Championnat canadien un objectif. Vainqueur d’un trophée par an en Première Ligue Canadienne, en étant soit vainqueur de la saison régulière, soit vainqueur des séries éliminatoires, il n’a jamais remporté le Championnat canadien. Il dispute pourtant en 2026 sa 4e demi-finale de suite et il a pris part à une finale, en 2020.
Nick Razzaghi pense même “que certains joueurs sont toujours à Forge pour cet objectif, celui de gagner le Championnat canadien”.
Le coach se dit “allumé" par le défi d'aller jouer contre Forge. “De pouvoir jouer une équipe comme ça, c'est vraiment privilège, mais notre mentalité, ça va être d’y aller à fond pour les battre.”
Jusqu’à présent, les oppositions face au Forge FC n’ont pas été de franches réussites pour le club montréalais en Première Ligue Canadienne. Cela dit, la coupe n’est pas la même compétition, quand bien même le format en match aller-retour altère quelque peu l’approche par rapport aux matchs sans lendemain qui ont habituellement cours dans une telle compétition.
Il y a la clé une finale à disputer contre une équipe de MLS. L’autre demi-finale met aux prises les Whitecaps de Vancouver, vainqueur des 4 dernières éditions, au CF Montréal.
Un derby montréalais en finale serait bien entendu des plus exaltants pour le Supra, mais une opposition face à Thomas Müller et son équipe ne serait pas moins intéressante.
Il faudra d’abord sortir Forge “et après, si on y parvient, on parlera de la suite qui sera encore plus incroyable”, dit Nick Razzaghi.
L’histoire est peut-être en marche.