Il reste 5 matchs pour faire de cette saison une réussite. Voici, en filigrane, le message qu’envoie la nomination de Kyt Selaidopoulos sur le banc du FC Supra, en remplacement de Nick Razzaghi.
Cela dit, Selaidopoulos ne vient pas seulement pour jouer les pompiers, mais pour bâtir un club qui vient à peine de célébrer sa première année d’existence.
“Mon objectif, c’est le long terme, a indiqué le nouvel entraîneur. On a déjà changé des choses, dès mon arrivée. On va mettre une vision en place, on va mettre une structure en place.”
Selaidopoulos a un profil et un parcours qui paraissent pertinents pour la mission confiée par le Supra. Adjoint “historique” de Bobby Smyrniotis au Forge FC, il a passé en tout 6 saisons à Hamilton, où il a empilé les trophées en même temps que son club. Au cours de son passage au sein du personnel technique du club, Forge a remporté deux championnats consécutifs de la PLC, en 2022 et 2023, ainsi que deux Boucliers de la PLC consécutifs à titre de meilleure équipe de la saison régulière, en 2024 et 2025.
Cette réussite a tracé une voie que Kyt Selaidopoulos entend emprunter pour mener le Supra dans les hautes sphères de la ligue. “Le succès de Forge, c’est grâce à la structure mise en place par Bobby [Smyrniotis]. Toutes les décisions sont prises avec son groupe, sa structure. À la fin, c’est sa vision, son choix, mais tout était discuté. Dans le CPL, tu ne peux pas vivre avec une seule voix.”
Le coach est arrivé seul à Montréal. L’adjoint de Razzaghi, Ramtin Maherpour, lui aussi congédié, n’a pas été remplacé et le staff sera constitué pour les cinq derniers matchs des membres déjà en place, à savoir Anthony Cornelli, Laurent Ciman et Florian Tertre, en plus de Davide Salvoni et Marius Lamblin.
Une évaluation sera ensuite faite pour déterminer les besoins, tant dans le staff que dans le mode de fonctionnement.
La casquette de directeur sportif
Le rôle d’entraîneur n’est pas le seul qu’enfile Kyt Selaidopoulos en arrivant à Montréal, puisqu’il devient aussi le Directeur sportif d’un club qui ne compte que des joueurs issus de la Belle Province. Le poste était vacant depuis plusieurs semaines et le congédiement de Mateo Cabanettes.
En remplaçant à la fois Nick Razzaghi et Mateo Cabanettes, Kyt Selaidopoulos s’impose comme le nouvel homme fort du secteur sportif du FC Supra, même s’il est de notoriété publique que le président du club, Rocco Placentino, et son consultant Nick de Santis, ne sont jamais bien loin des opérations.
Le fait de les voir tous les trois présents face aux médias lors de l’intronisation officielle du coach a illustré et officialisé ce mode de fonctionnement. Et en cas de désaccord sur l’acquisition d’un joueur, qui est le décideur final et, par le fait même, la personne imputable? Kyt Selaidopoulos, a indiqué Rocco Placentino.
La double casquette peut alourdir sa charge, mais elle s’inscrit dans le parcours du nouveau coach du Supra. Originaire de Montréal, Selaidopoulos possède une solide expérience dans le soccer québécois et dans le développement des joueurs. Il a agi plus d’une dizaine d’années en qualité de Directeur technique au CS Mont-Royal-Outremont, un club important dans la métropole. Au Forge FC, bien que le patron soit Bobby Smyrniotis, son rôle était aussi élargi à certaines opérations de la direction sportive. L’évolution apparaît donc logique dans son développement professionnel. Elle correspond aussi aux orientations de la ligue d’offrir ce genre d’opportunités.
En mission immédiate pour les séries
Bien que la vision sur le long terme soit apparue en fil rouge des discussions lors de la présentation de Kyt Selaidopoulos, la fin de saison immédiate n’a pas été occultée. La mission de la qualification pour les séries s’annonce périlleuse. Le FC Supra compte 8 points de retard sur le Vancouver FC et reste sur une claque reçue à Calgary, 6-0.
Le fait que “le groupe commençait à ne plus y croire”, selon Nick de Santis, a précipité la chute de Nick Razzaghi. La décision n’est pas seulement le résultat du match à Calgary, mais le fruit d’une réflexion pour le bien et le futur du club, a pour sa part souligné Rocco Placentino.
Bien que difficile, la qualification pour les séries n’est pas impossible. Le FC Supra dispose de deux matchs de plus à jouer que le Vancouver FC, 4e au classement. Les Wanderers de Halifax, qui compte un point de plus que le Supra, ont aussi joué un match de plus.
Par ailleurs, pour cette fin de saison, le calendrier du Supra paraît assez favorable. Du moins, il offre uniquement des confrontations avec des concurrents directs. Le FC Supra doit affronter l’Inter Toronto par deux fois, alors que les Ontariens sont eux aussi dans une dynamique incertaine. Le Pacific FC et le Vancouver FC doivent se déplacer au stade Boréale, tandis que le dernier match de la saison verra le Supra aller jouer à Halifax. Les points obtenus face à ces concurrents directs vaudront très cher et peuvent offrir au Supra une “remontada” presque inespérée.
Pour lancer cette mission vers les séries, Kyt Selaidopoulos a eu “une bonne conversation avec le groupe.” Il a estimé que ses hommes disposaient d’un “bon état d’esprit” et que l’entraînement qui a suivi “a été bon”.
“Quand un nouvel entraîneur arrive, les joueurs veulent prouver des choses. On a vu tout de suite l’intensité lors de l’entraînement”, a souligné Rocco Placentino.
Les cartes au sein du groupe semblent donc être rebrassées. Kyt Selaidopoulos rentre dans le vif du sujet dès son intronisation et la première étape passe par le prochain match face au Pacific FC.