À Hamilton, FC Supra a mené, répondu, résisté. Il est finalement tombé face à Forge sur un geste magnifique à treize minutes de la fin. Une défaite qui fait mal au classement. Beaucoup moins dans ce qu’elle raconte de cette équipe.
Il y a des défaites qui donnent envie de tourner la page. Et puis il y a celles qu’il faut peut-être relire.
Mercredi soir, à Hamilton, FC Supra s’est incliné 3-2 face à Forge. Le classement retiendra trois points pour les Ontariens, revenus par la même occasion tout en haut de la Première Ligue canadienne.
Mais le match, lui, fut nettement moins docile que le résultat.
Nick Razzaghi avait choisi de changer les hommes et de faire confiance à des visages moins souvent installés au premier plan : Ryad Bey, Thomas Lebeuf, Sasha Deslandes, Omar Elkalkouli. Loïc Kwemi commençait sur le banc; Sean Rea et Diyaeddine Abzi étaient absents.
Et Ibrahim Condé a compris le message avant tout le monde.
Douzième minute. Une frappe lointaine de Bey mal repoussée, Condé qui rôde là où rôdent les vrais attaquants : 1-0 Supra.
Forge n’est cependant pas leader par accident. Massunda profite d’un espace laissé dans la surface pour égaliser à la 22e, puis Daniel Nimick transforme un penalty huit minutes plus tard. En moins de vingt minutes, le match avait déjà changé deux fois de visage.
Alors Condé est revenu.
À la 39e, un centre de David Choinière traverse presque tout le monde. Charles Auguste manque son geste. Condé, lui, ne manque ni l’endroit ni le moment : intérieur du pied, 2-2.
À la pause, Supra n’avait pas survécu au leader. Il jouait avec lui.
La seconde période fut moins folle, plus prudente, presque une partie d’échecs après quarante-cinq minutes jouées avec les fenêtres ouvertes.
Et dans ce genre de match, les détails finissent souvent par choisir leur camp.
À la 77e minute, Aghilas Sadek, 18 ans, entré à la pause, trouve une fenêtre minuscule et enroule une frappe magnifique hors de portée de Joakim Milli. 3-2. Le genre de but qui ne demande pas beaucoup d’explications.
Forge avait son match. Supra gardait cette sensation beaucoup moins confortable : avoir été suffisamment proche pour savoir exactement ce qui lui avait échappé.
Ibrahim Condé parlera après la rencontre d’un goût amer. Nick Razzaghi, lui, évoquera ces détails qui ne tournent pas encore dans le bon sens et cette chance qu’une équipe doit finir par provoquer elle-même.
La réalité du classement ne disparaît pas pour autant : FC Supra demeure à neuf points de la zone des séries après la victoire d’Atlético Ottawa contre Vancouver. Chaque match pèse désormais un peu plus lourd.
Mais une saison ne se construit pas uniquement avec ceux qui commencent toujours les matchs. À Hamilton, des joueurs ont frappé à la porte. Condé, lui, l’a ouverte deux fois.
Dimanche, une autre histoire attend déjà FC Supra, à Toronto face à Inter.
Puis Forge reviendra au Québec, le 28 août, cette fois au Stade Boréale.
Et ce ne sera que le début.
Quatre jours plus tard, le 1er septembre, les deux équipes se retrouveront au Stade Boréale pour la demi-finale aller du Championnat canadien. Puis, le 15 septembre, direction Hamilton pour le match retour, avec une place en finale de la Coupe des Voyageurs au bout de cette double confrontation.
En championnat comme en coupe, Forge est donc en train de devenir un visage familier. Après Hamilton, FC Supra croisera encore les Ontariens trois fois en dix-huit jours.
Le football est parfois bien fait : il offre rarement le temps de regretter.
Et quelquefois, il organise lui-même la revanche.