Le 11 juillet dernier, au parc du Père Marquette à Montréal, l’ambiance est à la fête. Ce jour-là, les jeunes joueuses et joueurs du CS Montréal-Centre accueillent quelques-uns des joueurs du FC Supra. Tout ce petit monde joue au ballon, discute, et des autographes sont signés. Outre le championnat de la PLC et le Championnat canadien, dans lequel le FC Supra est toujours en lice, les joueurs du club sont réquisitionnés pour aller à la rencontre de la relève québécoise. Dans un club où tous les joueurs sont québécois ou formés dans la Belle Province, les athlètes d’aujourd’hui vont rencontrer peut-être ceux qui prendront leur place sur le terrain dans quelques années. Tout au long de l’été, les visites se multiplient : le 12 juillet, c’est à LaSalle que Loïc Kwemi et consorts sont de sortie, le 13, à l’Union Lanaudière-Sud, le 19 dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies, au sein du CS RDP. Des visites au parc Archambault de Verdun et au Parc Marcel Laurin de Saint-Laurent sont programmées pour les 3 et 13 août.
“Le but premier c'est de se faire connaître, de permettre au gens du Québec d’en apprendre plus sur nous, sur le club, d’avoir de la visibilité et de connecter avec le monde”, explique le capitaine David Choinière. L’accueil est chaleureux, mais parfois teinté d’une certaine curiosité admet David Choinière, face à des jeunes qui ne connaissent pas encore nécessairement un club qui n’a que quelques mois d’existence. “ Certains nous connaissent, mais d'autres se posent des questions. Vous êtes qui ? Vous jouez où ? C'est quoi le niveau ? L’objectif est donc d'expliquer qui on est, ce qu'on fait, ce qu'on représente comme club. C’est un mélange intéressant parce que je crois qu'on est assez connu, mais il reste beaucoup de visibilité à faire dans la province”, poursuit David Choinière.
Pour les joueurs du Supra, ces visites sont aussi l’occasion de partager leurs expériences, de donner quelques conseils aux jeunes pousses québécoises et plus simplement de passer un bon moment, qui offre parfois des situations cocasses.
“Les jeunes sont drôles, témoigne David Choinière. Ils te testent! La différence entre les gars et les filles est aussi drôle, ils n'ont pas le même comportement, la même attitude. Les filles sont beaucoup plus attentives, concentrées, elles t'écoutent plus. Les petits gars, ça court partout, ça veut montrer que c’est le plus fort! Le plus important, ça reste de partager l'amour du foot avec eux, poursuit-il, qu'ils passent un bon moment avec nous.”
Des visites qui s'inscrivent dans une stratégie de proximité globale
Pour le Supra, cette visibilité est bien entendu stratégique. Il s’agit de se faire connaître auprès des jeunes joueuses et joueurs, de créer un lien affectif avec les jeunes joueurs et le public québécois.
Il s’agit en de prouver que l’identité québécoise et la proximité avec le soccer local ne sont pas qu’une façade.
La stratégie de proximité n’est pas sans lien avec la mise en œuvre de la stratégie sportive. Le Supra, qui ne compte que sur des joueurs locaux, entend tisser des liens solides avec les clubs amateurs du Québec pour suivre l’évolution des joueurs les plus prometteurs et bénéficier du vivier québécois.
Les joueurs actuels ne sont pas impliqués dans cet aspect et leurs visites n’ont pas de liens directs avec cette stratégie sportive. Ce volet revient avec tout au président Rocco Placentino et au directeur sportif Mateo Cabanettes.
Des partenariats sont noués et les clubs locaux sont appelés à devenir les pépinières pour le FC Supra, avant que les éléments les plus prometteurs intègrent éventuellement la réserve (à venir) ou l’équipe 1e du Supra.
L’objectif du club, qui n’envisage pas pour le moment de mettre sur pied une académie, est donc de se tenir au plus près des clubs locaux et d’obtenir les meilleures informations sur les jeunes les plus prometteurs.
À sa création, les dirigeants du Supra mentionnaient créer un “club d’ici, pour les gens d’ici, par les gens d’ici”. De la parole, on est passé au temps des actes. Non sans un certain plaisir!