Un match, un but, 4 tirs dont 3 cadrés, une activité de tous les instants : Loïc Kwemi a ouvert la voie vers la victoire de son équipe et il s’est comporté comme un leader face au Pacific FC pour l’ouverture de la saison. Sa réussite et la place dans les livres d’histoire qu'il a obtenue en devenant le tout premier buteur de l’histoire du FC Supra du Québec ne semble pas le troubler.
L’homme est du genre humble et taiseux, bien loin de la puissance qu’il dégage sur le pré. Avoir l’opportunité de marquer le premier but de son club ne lui a “même pas traversé la tête” avant le match. Tout juste reconnait-il “être content d’avoir inscrit son premier but au niveau professionnel”. “Mon objectif, dit-il, c'est vraiment de pouvoir jouer, de m'épanouir, de jouer mon foot, de tenter des trucs, d’être confortable dans mes dribbles. Si je suis dans cette disposition, à l'aise avec le ballon et mentalement, je sais que je peux me créer énormément d'actions”.
Dès son premier match, Loïc Kwemi s’est taillé une place dans le XI de la semaine de la PLC, et il a marqué les esprits, tout comme ses coéquipiers David Choinière, Sean Rea ou Diyaeddine Abzi. Pourtant, à 29 ans, son CV est bien moins garni que celui de ses coéquipiers. Jusqu’à cette première sortie avec le FC Supra, la carrière professionnelle de Loïc Kwemi se résumait à 14 rencontres et 409 minutes de Première Ligue Canadienne en 2024 avec Valour, au cours desquelles il n’a pas trouvé le chemin des filets. Il a d’ailleurs sans doute le CV le plus atypique de l’effectif du Supra, voire de la ligue entière.
Arrivé au Canada à 12 ans, il pratique le futsal, jusqu’à en devenir un joueur étoile à l’échelle du pays. Joueur canadien de futsal de l’année au Canada en 2024, il n’a pas fréquenté assidûment un club “ en extérieur” avant le CS Saint-Laurent, qu’il a rejoint à près de 25 ans. Il n’avait d’ailleurs jamais vraiment joué au plus haut niveau amateur au Québec avant Saint-Laurent. Il a cependant rapidement pris ses marques dans “le vrai soccer”.
Dès sa première saison, Kwemi est élu meilleur buteur (19 buts) et meilleur joueur de PLSQ (désormais Ligue1 QC). Il confirme en 2023 en inscrivant 17 buts en championnat. Repassé par la Ligue 2 QC en 2025 après son éphémère passage à Valour, il a continué à empiler les buts en inscrivant 23 buts en 19 matchs l’an passé. Sa réussite a mené le CS LaSalle vers une saison sans défaite de 18 victoires et cinq nuls, et une promotion en L1QC.
De ce parcours, Loïc Kwemi tire une force et un profil qui peut faire grandement les affaires de son club.Il a gardé du futsal un sens de l’équilibre très aiguisé, une vivacité dans ses frappes de balle, une capacité à pivoter très rapidement. À cette palette assez significative du futsal s’ajoutent un gabarit imposant et une puissance utiles face aux défenses rugueuses de le Ligue canadienne.
Cet alliage s’est exprimé lors de son but face au Pacific FC, en parvenant à se défaire de deux défenseurs, avec un peu de réussite sur son contrôle, et en enchaînant rapidement sa frappe. “Le futsal a permis vraiment d'améliorer ma vista, mes contrôles, mes dribbles dans les petits espaces. Ça m’a permis de m'améliorer sans le savoir durant toutes ces années-là. Le futsal a toujours fait partie de mon foot”, explique-t-il.
Au-delà de ses qualités évidentes de percussions et son sens du but, Loïc Kwemi demeure “un diamant but” dans certains secteurs de jeu. Face au Pacific FC, Loïc Kwemi a disputé 10 duels, mais il n’en a remporté qu’un, selon Opta. Le joueur admet lui-même pouvoir encore progresser dans ses déplacements. “Auparavant j'étais plus ailier, explique-t-il. Je suis en train de me transformer en 9, un poste qui prend beaucoup plus de portions du terrain, qui permet de se déplacer des deux côtés. Je suis très libre offensivement, donc l’idée serait d’améliorer l’aspect de déplacement, car, à la finition pure, je réussis toujours à me trouver une faille dans la défense pour envoyer une frappe.”
Buteur, mais aussi joueur d’équipe
Kwemi sera à n’en pas douter l’option numéro 1 de son entraîneur Nick Razzaghi au poste de buteur, même si le club peut aussi compter sur Ibrahima Condé, venu de l’Université de Caroline du Nord, et d’Alexandre Marcoux, buteur face au Pacific FC, joueur par excellence du RSEQ en 2025 et passé lui aussi par le CS Saint-Laurent. Les objectifs de Loïc Kwemi sont donc en corrélation avec le statut qui est le sien en ce début de saison.
“Je ne dirais pas que je me suis fixé un nombre de buts, mais c'est sûr que j'espère pouvoir regarder ma fiche à la fin de la saison et me dire que je suis satisfait de mes statistiques. Si je peux aller chercher le titre de meilleur buteur de la ligue, je vais tout faire pour y parvenir et on peut dire que c'est un objectif, sans forcément être l'objectif premier.” Ce dernier point est important, car si l’on dit que le poste de numéro 9 implique un certain égoïsme, Loïc Kwemi incarne aussi une autre réalité. Ce qu’il veut, c’est aussi être un joueur d’équipe.
Loïc Kwemi incarne l’esprit de corps qui habite l’effectif québécois et l’histoire commune de ses joueurs, quand bien même ils n’évoluent ensemble au niveau professionnel que depuis quelques semaines. C’est à l’époque du futsal qu’il a rencontré pour la première fois son coéquipier Wesley Wandje. C’est ce dernier qui l’a encouragé à aller au CS Saint-Laurent, avec la réussite que l’on connaît. Cette anecdote, parmi les dizaines qui peuvent lier tous les joueurs du Supra, souligne la réalité et l’histoire d’une équipe assez différente des autres.
“L'équipe a été basée sur le fait d'être une équipe uniquement de Québécois, de gars qui ont grandi au Québec, qui ont joué au Québec. C'est un groupe d'amis, un groupe de joueurs qui se connaissent, qui ont déjà joué ensemble. On est lié et tu n'as pas ça dans n'importe quelle équipe. Il y a des affaires que je n'ai pas ressenties en jouant dans d'autres équipes et que je ressens maintenant. On est vraiment une famille : ça se charrie, ça blague, il y a une bonne humeur et il n'y a pas ce côté “ je ne le connais pas, je n'ai jamais joué contre lui, ça va prendre un petit temps.”On se connait déjà, on est des potes depuis des années. C’est un gros avantage.”
Un avantage qui doit désormais continuer de se concrétiser sur le terrain.
Le FC Supra dispute son match d'ouverture à domicile, dimanche 19 avril, à 14h, au CEPSUM, à Montréal. Le match est disponible à la télévision sur OneSoccer, CBC Gem et RDS Direct.